À chaque période d'examens, les services adaptés transmettent leurs lettres d'accommodement et les enseignants préparent leurs examens. En classe, les deux se rejoignent sans grand effort : la personne étudiante qui a droit à du temps supplémentaire reste après le départ des autres, et celle qui utilise un lecteur d'écran fait son examen dans le local des services adaptés. En examen surveillé à distance, la mesure d'accommodement doit passer par un logiciel, et c'est souvent là qu'elle se perd.
Le problème prend des formes discrètes, mais stressantes. Le lecteur d'écran se tait dès que le verrouillage démarre. Le minuteur s'arrête à la même minute que pour tout le monde. Une personne étudiante qui s'est absentée pendant une pause autorisée découvre un incident dans le rapport. Ce guide s'adresse aux conseillères et conseillers des services adaptés, au personnel enseignant et aux responsables de la formation continue qui veulent que les mesures d'accommodement des personnes étudiantes en situation de handicap résistent aux examens à distance et hybrides.
Quelles mesures d'accommodement touchent les examens surveillés ?
Les mesures elles-mêmes sont bien connues. Ce qui change en ligne, c'est qui les applique, et à quel moment.
- Temps supplémentaire. Un tiers de temps en plus est une pratique courante ; certaines personnes étudiantes ont droit à davantage.
- Pauses. Des pauses autorisées pour une condition médicale, la fatigue ou la concentration.
- Un local calme ou isolé. Moins de distractions, parfois un local à soi, avec sa propre surveillance.
- Technologies d'assistance. Lecteurs d'écran, synthèse vocale, prédiction de mots et logiciels d'aide à la rédaction, comme les correcteurs orthographiques et grammaticaux.
- Conditions particulières. Les autres mesures que les services adaptés déterminent au cas par cas.
Les examens à distance et hybrides rendent ces mesures plus difficiles à appliquer, pas moins nécessaires. Pour la personne étudiante de la formation continue qui passe son examen à la maison, pour celle qui habite loin du campus ou pour le cours hybride dont l'examen de mi-session se fait en ligne, c'est l'outil de surveillance qui doit offrir ce qu'offraient le local d'examen et le surveillant. Et dans un grand groupe, il est fréquent que plusieurs personnes étudiantes d'un même examen aient des mesures différentes.
Pourquoi les mesures d'accommodement se perdent-elles en surveillance à distance ?
La plupart des dispositifs de surveillance sont conçus autour d'un examen type : une durée, un ensemble de règles, un verrouillage pour tout le monde. Les mesures d'accommodement sont des exceptions à ce modèle, et elles vivent généralement hors de l'outil : dans une lettre, un chiffrier ou un courriel à l'enseignant. Cinq points de rupture reviennent sans cesse.
- Le verrouillage bloque la technologie d'assistance. Un verrouillage qui ferme toute application non inscrite ferme aussi le lecteur d'écran, la synthèse vocale et l'aide à la rédaction, en même temps que les applications de clavardage.
- Un seul minuteur pour tout le monde. L'examen a une durée unique, et le temps supplémentaire de la personne étudiante figure dans un document que l'outil ne lit jamais.
- Les pauses ressemblent à des incidents. Sortir du champ de la caméra ou de la fenêtre d'examen peut déclencher une détection, et rien dans le rapport n'indique que la pause était autorisée.
- Les mesures sont ressaisies à la main pour chaque examen. Chaque test, chaque examen de reprise et chaque enseignant remplaçant est une occasion de plus d'oublier.
- L'interface elle-même n'est pas accessible. Si l'authentification, la prévalidation ou les consignes ne peuvent être parcourues au clavier ou lues par un lecteur d'écran, la mesure échoue avant même le début de l'examen.
Que coûte une mesure d'accommodement perdue ?
- Pour la personne étudiante. Un examen fait sans le temps ou l'outil auquel elle a droit ne mesure plus ce qu'elle sait. Découvrir le problème dans les premières minutes ajoute du stress, et une pause signalée peut entraîner des questions qu'elle n'a rien fait pour mériter.
- Pour les services adaptés. Les conseillères et conseillers relancent les enseignants avant chaque examen, organisent des reprises après coup et traitent les plaintes, pendant des semaines qui sont déjà les plus chargées de leur année.
- Pour l'enseignant. Des dérogations à régler examen par examen, des exceptions à suivre, des reprises à planifier.
- Pour l'établissement. La Charte des droits et libertés de la personne du Québec interdit la discrimination fondée sur « le handicap ou l'utilisation d'un moyen pour pallier ce handicap », et les établissements ont une obligation d'accommodement envers les personnes étudiantes en situation de handicap. Des obligations semblables existent ailleurs au Canada et aux États-Unis. Leur application à un examen donné est une question pour vos services adaptés et vos conseillers juridiques ; un outil qui retire une mesure sans le signaler fait porter ce risque à l'établissement.
Les solutions qui ne tiennent pas
Chacun de ces contournements règle une partie du problème et en crée un autre.
- Ressaisir les mesures dans chaque examen. Les paramètres du test Moodle, par exemple, permettent d'ajouter une dérogation utilisateur qui allonge le temps disponible pour une personne étudiante. Cela fonctionne pour un test. Sur une session complète de tests, de reprises et d'enseignants, quelque chose finit par échapper, et une dérogation qui allonge le temps sans repousser la date de fermeture peut quand même écourter la tentative.
- Dispenser de surveillance les personnes qui ont des mesures. On règle le problème technique en créant un second parcours, moins surveillé. C'est injuste pour le reste du groupe, et cela peut jeter un doute sur le résultat de la personne qui bénéficie de la mesure.
- Envoyer tout le monde au centre d'examens du campus. Cela fonctionne sur place, mais pas pour les personnes étudiantes à distance ou de la formation continue, et le centre se remplit pendant les semaines d'examens finaux.
- Ouvrir le verrouillage à tout le groupe. Permettre une aide à la rédaction ou un navigateur à tout le monde pour qu'une seule personne puisse s'en servir affaiblit l'examen pour tous.
- Compter sur la révision des alertes automatiques. Les outils qui analysent automatiquement le comportement peuvent considérer comme suspects un regard détourné, des mouvements inhabituels ou la parole ; une personne qui utilise la synthèse vocale peut donc être signalée pour ce que sa mesure autorise justement. Une étape d'analyse humaine aide, mais la personne reste signalée jusqu'à ce que quelqu'un lève l'alerte. L'autre approche est décrite dans surveiller des examens sans reconnaissance faciale.
Les navigateurs verrouillés comme Safe Exam Browser, gratuit et à code source ouvert, peuvent être configurés pour permettre des applications précises. Le mécanisme est solide ; la vraie question, c'est qui tient cette liste à jour, pour quelle personne étudiante et pour chaque examen.
Protéger les mesures d'accommodement en examen surveillé, étape par étape
Ces étapes valent quel que soit l'outil. Elles donnent un seul rôle à chacun : les services adaptés décident, l'outil applique, la personne surveillante ajuste et une personne analyse.
1. Un seul profil d'accommodement par personne étudiante
Les services adaptés en sont responsables, à partir des mesures reconnues à la personne étudiante, et l'outil de surveillance l'applique automatiquement à chaque examen. Les enseignants voient ce qui s'applique à leurs étudiants, mais ne ressaisissent rien. Quand une nouvelle mesure est accordée en cours de session, on la met à jour une fois, à un seul endroit.
2. Permettre la technologie d'assistance nommément, pour cette personne
Ajoutez son lecteur d'écran, son outil de synthèse vocale ou son aide à la rédaction à la liste des applications permises par le verrouillage, pour cette personne seulement. Tout le reste demeure bloqué, y compris les outils d'IA. Les exceptions doivent être précises et visibles, jamais un « autoriser toutes les applications » général.
3. Prolonger le temps et intégrer les pauses dans la séance
Le temps supplémentaire doit modifier le minuteur de la personne étudiante et l'heure de fermeture de l'examen, pas seulement un champ de durée. Les pauses font partie de la séance : le minuteur et le journal des incidents doivent en tenir compte. La personne surveillante doit aussi pouvoir ajouter du temps pendant l'examen quand un problème technique en gruge une partie.
4. Tester la technologie d'assistance à la prévalidation
Demandez aux personnes étudiantes de faire la prévalidation un jour ou deux à l'avance, leur technologie d'assistance ouverte, sous le même verrouillage que l'examen réel. Si le lecteur d'écran reste muet sous le verrouillage, mieux vaut l'apprendre un mardi après-midi qu'à la dixième minute de l'examen final.
5. Informer les personnes qui analysent les incidents
La personne qui analyse les incidents doit voir les mesures d'accommodement de la personne étudiante à côté de la ligne du temps. Un trou pendant une pause autorisée ou une voix de synthèse sur la piste audio sont attendus, pas suspects. Aucune décision ni sanction ne doit découler automatiquement d'une détection.
6. Exiger le niveau AA des WCAG 2.1
Les écrans destinés aux personnes étudiantes (authentification, prévalidation, consignes, fenêtre d'examen) doivent être conçus selon les Règles pour l'accessibilité des contenus Web (WCAG) 2.1, niveau AA : navigation au clavier, étiquettes lisibles par un lecteur d'écran, contraste suffisant. Demandez au fournisseur comment la conformité a été évaluée, puis faites l'essai vous-même avec un lecteur d'écran.
Liste de contrôle : quoi exiger de l'outil
| Mesure | Ce qui peut mal tourner | Ce qu'il faut exiger de l'outil |
|---|---|---|
| Temps supplémentaire | Un seul minuteur pour tous ; l'examen ferme avant la fin du temps prolongé | Un temps propre à la personne, appliqué à la séance et à l'heure de fermeture ; prolongation en direct par la personne surveillante |
| Pauses | Sortir du champ de la caméra est consigné comme un incident ; le temps continue de filer | Des pauses intégrées à la séance de la personne ; l'analyse humaine voit qu'elles étaient autorisées |
| Local calme ou isolé | Un surveillant de plus pour une seule personne, ou aucune surveillance | Une surveillance qui couvre n'importe quel local ou la maison, selon les mêmes règles que pour tout le monde |
| Lecteur d'écran | Le verrouillage le ferme ; les écrans de l'outil n'ont pas d'étiquettes | Le lecteur d'écran permis pour cette personne ; une interface conçue selon les WCAG 2.1, niveau AA |
| Synthèse vocale | Bloquée comme application non autorisée ; la voix sur la piste audio est signalée | Permise par personne étudiante ; l'analyse humaine sait que la voix est attendue |
| Prédiction de mots, aide à la rédaction | Bloquées, ou permises à tout le groupe | Permises aux seules personnes qui y ont droit |
| Le profil lui-même | Ressaisi à chaque examen ; oublié par un enseignant remplaçant | Un profil par personne étudiante, appliqué à chaque examen |
Comment Examo s'en charge
Examo définit les mesures d'accommodement par personne étudiante : ajout de temps, pauses, conditions particulières et outils autorisés. Les outils autorisés comprennent les technologies d'assistance comme les lecteurs d'écran, la synthèse vocale et les logiciels d'aide à la rédaction, que le verrouillage de l'examen ne bloque pas. Tout ce qui n'est pas permis reste bloqué : sites Web, applications, extensions de navigateur et outils d'IA non autorisés. La page accessibilité et accommodements présente chacune de ces mesures.
Les accommodements s'appliquent avec le profil de sécurité au moment de préparer l'examen, l'une des six étapes décrites dans le fonctionnement d'Examo. Pendant l'examen, la personne surveillante peut ajouter du temps à une personne étudiante, et la fenêtre d'accès et la période tampon absorbent les imprévus. Si la connexion coupe, l'examen et l'enregistrement se poursuivent sur l'ordinateur et se synchronisent automatiquement à son retour ; la personne étudiante peut reprendre là où elle était.
Avant l'examen, une prévalidation vérifie la caméra, le microphone, la connexion et l'identité de chaque personne étudiante ; demander à celles qui utilisent une technologie d'assistance de la faire avec leurs outils ouverts permet de repérer les problèmes tôt. Chaque détection est horodatée et soumise à une analyse humaine, sans score de suspicion ni décision ou sanction automatique. Examo ne contient ni reconnaissance faciale ni analyse automatisée du comportement : aucun algorithme ne juge la façon dont une personne bouge ou parle. Le verrouillage et les détections sont expliqués sur la page surveillance.
L'interface est conçue selon les WCAG 2.1, niveau AA, et l'interface, les consignes, la documentation et le soutien sont offerts en français et en anglais. Examo est une application native pour Windows et macOS qui fonctionne sur les ordinateurs personnels comme sur les postes gérés par l'établissement, sans droits d'administrateur. Si vos examens sont des tests Moodle, voyez comment surveiller un test Moodle à distance, et dirigez les personnes étudiantes vers la page Étudiants pour qu'elles sachent à quoi s'attendre.
À retenir
- Tenez un seul profil d'accommodement par personne étudiante, géré par les services adaptés, et appliquez-le à chaque examen au lieu de le ressaisir.
- Permettez nommément la technologie d'assistance de chaque personne dans le verrouillage, pour elle seule, plutôt que d'ouvrir l'examen à toutes les applications.
- Prolongez le temps dans la séance d'examen elle-même, heure de fermeture comprise, et intégrez les pauses autorisées pour qu'elles ne passent jamais pour des incidents.
- Faites faire la prévalidation avec la technologie d'assistance ouverte, et montrez les mesures de chaque personne à côté de la ligne du temps des incidents.
- Exigez une interface conçue selon les WCAG 2.1, niveau AA, et testez-la vous-même avec un lecteur d'écran avant de vous engager.
Voyez un examen avec accommodements, du début à la fin
En 30 minutes, nous configurons une personne étudiante avec ajout de temps, pauses et lecteur d'écran, et lui faisons passer un examen surveillé.
Réservez une démoQuestions fréquentes
Quelles mesures d'accommodement s'appliquent aux examens en ligne ?
Les plus fréquentes sont le temps supplémentaire (un tiers de plus est une pratique courante), les pauses autorisées, un local calme ou isolé et les technologies d'assistance : lecteurs d'écran, synthèse vocale, prédiction de mots, logiciels d'aide à la rédaction. Les services adaptés déterminent les mesures de chaque personne étudiante. En examen surveillé à distance, chacune doit être transposée dans la séance d'examen et dans le verrouillage, sinon elle se perd.
Peut-on utiliser un lecteur d'écran pendant un examen surveillé à distance ?
Oui, en principe, si les services adaptés l'ont autorisé. Un verrouillage qui bloque toute application non inscrite bloque aussi un lecteur d'écran ou un outil de synthèse vocale : l'outil doit donc être permis nommément pour cette personne étudiante. Faites-le tester à la prévalidation avant le jour de l'examen, et vérifiez que les écrans du logiciel de surveillance fonctionnent eux-mêmes avec un lecteur d'écran.
Comment accorder du temps supplémentaire dans un examen surveillé en ligne ?
Rattachez le temps supplémentaire à la personne étudiante plutôt qu'à un seul examen, pour qu'il ne soit jamais oublié. Vérifiez ensuite deux choses : le minuteur de sa séance reflète la durée prolongée, et l'heure de fermeture de l'examen est repoussée elle aussi, sinon la tentative peut prendre fin à la fermeture. La personne surveillante doit aussi pouvoir ajouter du temps pendant l'examen après un problème technique.
Une pause autorisée sera-t-elle signalée comme de la tricherie ?
C'est possible. Une personne qui sort du champ de la caméra ou de la fenêtre d'examen pendant une pause peut déclencher un événement dans les outils qui détectent l'absence ou la perte de focus. Les protections : intégrer les pauses à sa séance et faire analyser chaque alerte par quelqu'un qui connaît ses mesures d'accommodement, avant toute décision. Aucune sanction ne devrait découler automatiquement d'une détection.
Comment Examo gère-t-il les mesures d'accommodement ?
Examo définit les mesures par personne étudiante : ajout de temps, pauses, conditions particulières et outils autorisés, y compris les technologies d'assistance comme les lecteurs d'écran, la synthèse vocale et les logiciels d'aide à la rédaction, que le verrouillage ne bloque pas. La personne surveillante peut prolonger le temps pendant l'examen, chaque incident fait l'objet d'une analyse humaine et l'interface est conçue selon les WCAG 2.1, niveau AA, en français et en anglais.





