Chaque examen en ligne vient désormais avec un assistant non invité, à un raccourci clavier près. Que vous enseigniez, coordonniez un département ou traitiez les dossiers d'intégrité, la question n'est plus de savoir si les personnes étudiantes peuvent joindre ChatGPT, Copilot ou Gemini pendant un examen. C'est de savoir par quelle porte, et ce qui ferme chacune.

La pression culmine à la mi-session et en fin de session, quand les examens en ligne se multiplient et qu'il manque de locaux ou de surveillants pour tout ramener sur le campus. Elle se voit dans des réponses fluides mais génériques, une même structure d'une copie à l'autre dans un groupe, et des dossiers d'intégrité qui reposent sur une impression. Cet article fait le tour des points d'entrée de l'IA dans un examen, explique pourquoi les protections habituelles ne suffisent pas seules et montre comment superposer des mesures qui tiennent.

Par où l'IA générative entre-t-elle dans un examen en ligne ?

Il n'y a pas une seule porte. Dans un examen en ligne passé sur l'ordinateur de la personne étudiante, il y en a au moins cinq.

Le dernier canal mérite une réponse franche. Aucun logiciel installé sur l'ordinateur d'examen ne peut bloquer un cellulaire sur lequel il ne roule pas, si strict que soit le verrouillage. Ce qui couvre le cellulaire, c'est une caméra qui enregistre la personne étudiante, une personne qui regarde en direct ou analyse après coup, et un examen dont les questions se prêtent mal à une photo envoyée à un agent conversationnel. La caméra ne voit pas tout non plus : elle rend le cellulaire visible, et une bonne conception de l'examen le rend moins utile.

Que coûte une utilisation non encadrée de l'IA ?

Le coût ne se compte pas en incidents. Il tient à ce que devient l'examen comme instrument de mesure.

Ce qui ne suffit pas à lui seul

La plupart des établissements utilisent déjà au moins une de ces mesures. Chacune aide ; aucune n'est un contrôle à elle seule.

Le défaut commun : compter sur une seule mesure pour couvrir tous les canaux. L'IA générative entre par plusieurs portes ; les mesures doivent donc se superposer.

Comment empêcher l'IA pendant un examen en ligne : une approche par couches

Traitez la question comme tout autre problème de sécurité : dressez la liste des canaux, placez une mesure sur chacun et assurez-vous qu'une personne examine ce que les mesures relèvent. La méthode ne dépend d'aucun fournisseur. Les mesures peuvent venir de la conception de l'examen, d'un outil de verrouillage, d'une application de surveillance ou de personnes.

Canal Mesure
Sites d'IA dans un onglet Un verrouillage qui bloque les sites non autorisés pour tout l'ordinateur, pas la liste d'URL d'un seul navigateur
Applications d'IA de bureau Verrouillage des applications et surveillance des processus en cours d'exécution pendant l'examen
IA du système d'exploitation et des outils de bureautique Verrouillage des applications et des services ; sur les postes gérés, des stratégies TI qui désactivent ces fonctions
Extensions de navigateur Blocage des extensions non autorisées
Sortie de la fenêtre d'examen Détection de la perte de focus et des changements de fenêtre ou d'écran, chaque événement horodaté
Cellulaire ou deuxième appareil Enregistrement par caméra ou surveillance en direct, et des questions qui se prêtent mal à une photo
Tout ce qui est signalé Analyse humaine des preuves horodatées, selon la politique d'intégrité de l'établissement

1. Concevez l'examen pour que l'IA aide moins

Demandez d'appliquer la matière à un cas, à un jeu de données ou à du matériel propre à votre cours, et d'expliquer le raisonnement, pas seulement la réponse. Envisagez l'examen à livre ouvert quand c'est pertinent : si les notes sont permises, vous pouvez poser des questions plus exigeantes, et l'envie de cacher quoi que ce soit diminue. Prévoyez un court échange oral avec un échantillon de personnes étudiantes, ou pour toute réponse qui soulève des questions. Qui a rédigé une réponse peut l'expliquer.

2. Verrouillez les sites, les applications et les extensions

Utilisez un verrouillage qui contrôle l'ordinateur, pas un seul navigateur. Safe Exam Browser, gratuit et à code source ouvert, le fait pour les examens qui se déroulent dans un navigateur ; les applications de surveillance le font en plus d'enregistrer. Bloquez par défaut et permettez par exception : un nouveau site d'IA est ainsi couvert avant même qu'on en entende parler.

3. Surveillez les processus, le focus et les fenêtres

Une liste de blocage ne peut pas prévoir tous les outils. Surveiller ce qui s'exécute sur l'ordinateur, et les moments où la fenêtre d'examen perd le focus ou où l'écran change, permet d'attraper ce que la liste a raté et indique à la personne qui analyse la minute exacte à regarder.

4. Enregistrez, pour que le deuxième appareil soit visible

L'enregistrement par caméra, ou une personne surveillante en direct, est la seule couche qui atteint le cellulaire sur le bureau. Enregistrez ce dont l'examen a besoin, sans plus, et dites à l'avance aux personnes étudiantes ce qui est capté.

5. Confiez à une personne l'analyse de ce qui est signalé

Une détection est une piste, pas un verdict. La personne qui analyse vérifie l'horodatage, regarde ce passage de l'enregistrement et décide selon les règles de l'établissement, par exemple la politique institutionnelle d'évaluation des apprentissages (PIEA) dans un cégep. Conservez les preuves au dossier en cas de contestation.

Et si l'enseignant veut permettre un outil d'IA ?

Tous les examens ne doivent pas interdire l'IA. Un cours de programmation peut enseigner avec un assistant de code ; un cours de rédaction peut évaluer la capacité à vérifier et à réviser un brouillon produit par l'IA. Dans ces examens, bien utiliser l'outil fait partie de la compétence évaluée.

Cela ne fonctionne que si la règle est fixée examen par examen :

  1. Écrivez la règle dans les consignes. Nommez l'outil permis et l'usage autorisé.
  2. Configurez cet outil, et seulement lui. Permettez l'outil d'IA prévu et gardez bloqués tous les autres sites, applications et extensions.
  3. Prévenez les personnes étudiantes avant le jour de l'examen. Personne ne devrait découvrir la règle en pleine épreuve.
  4. Gardez l'enregistrement et l'analyse. Permettre un outil ne veut pas dire abandonner les autres couches.

Un interrupteur unique pour tout l'établissement échoue dans les deux sens : il interdit un outil qu'un cours a adopté ou ouvre chaque examen à tout. Les mesures d'accommodement suivent la même logique. Les technologies d'assistance autorisées pour une personne étudiante, comme un lecteur d'écran ou un logiciel d'aide à la rédaction, doivent continuer de fonctionner sous le verrouillage, comme l'explique la page accessibilité.

Comment Examo s'en charge

Examo est une application native pour Windows et macOS qui encadre et enregistre l'examen, quel que soit l'outil avec lequel l'enseignant l'a bâti : un test Moodle, un document Word, Excel ou PDF, ou une application d'examen externe. Il traite les outils d'IA comme toute autre ressource non autorisée. Les sites d'IA comme ChatGPT, Copilot et Gemini, les applications d'IA installées et les extensions de navigateur sont bloqués. Examo verrouille l'environnement d'examen, applications et services compris, et surveille les processus en cours d'exécution sur l'ordinateur pendant tout l'examen.

La perte de focus sur la fenêtre d'examen et les changements de fenêtre ou d'écran sont détectés. Chaque détection est horodatée sur la ligne du temps des événements de l'examen, une alerte permet à la personne surveillante de réagir pendant l'épreuve, et l'enseignant reçoit l'événement avec sa preuve horodatée. L'enregistrement continu couvre la caméra et le microphone de la personne étudiante, chaque écran branché, ainsi que le clavier et la souris, et la surveillance en direct permet de voir les flux de la caméra et de l'écran en temps réel. C'est ainsi qu'un cellulaire sur le bureau devient visible : une personne le voit, en direct ou dans l'enregistrement. Examo n'analyse pas la vidéo.

Le blocage se règle par examen ou par profil de sécurité, une des étapes décrites dans le fonctionnement d'Examo : un enseignant peut donc permettre un outil d'IA précis quand l'examen l'autorise, tout le reste demeurant bloqué. Les technologies d'assistance autorisées pour une personne étudiante ne sont pas bloquées. Dans Moodle, l'option « Exiger l'utilisation de l'application Examo » des paramètres du test applique tout cela au test, comme l'explique l'article surveiller un test Moodle à distance.

Chaque incident est soumis à une analyse humaine : aucun score de suspicion, aucune décision ni sanction automatique. Après l'examen, un rapport Excel des événements et des alertes est exporté avec les enregistrements vidéo et audio correspondants. Examo lui-même ne comporte aucune fonctionnalité d'IA, ni reconnaissance faciale, ni analyse automatisée du comportement, ni donnée biométrique, pour les raisons exposées dans la surveillance d'examens sans reconnaissance faciale.

L'ensemble des fonctionnalités est présenté sur la page surveillance et verrouillage, et la FAQ répond aux questions courantes sur les outils d'IA pendant les examens. Examo est conçu à Montréal par LS2 Innovation, dont les autres logiciels pour l'enseignement supérieur sont utilisés par une cinquantaine de cégeps, de collèges et d'universités.

À retenir

  • L'IA générative entre dans un examen en ligne par au moins cinq canaux : les onglets du navigateur, les applications de bureau, l'IA intégrée au système d'exploitation et à la bureautique, les extensions et un deuxième appareil.
  • La déclaration sur l'honneur, une liste d'URL bloquées dans un seul navigateur et les détecteurs de texte généré par l'IA aident un peu, mais aucun n'est un contrôle à lui seul.
  • Donnez à chaque canal sa propre mesure, et laissez l'enregistrement par caméra et la conception de l'examen couvrir le cellulaire, qu'aucun logiciel sur l'ordinateur d'examen ne peut bloquer.
  • Inscrivez la règle sur l'IA dans les consignes et les paramètres de chaque examen : un outil permis l'est délibérément, et tout le reste demeure bloqué.
  • Traitez chaque détection comme une piste qu'une personne analyse à l'aide de preuves horodatées, jamais comme un verdict automatique.

Voyez un outil d'IA bloqué, puis analysé

En 30 minutes, nous montrons un examen surveillé où les outils d'IA sont bloqués, un événement détecté sur la ligne du temps et le rapport qu'analyse l'enseignant.

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Questions fréquentes

Un navigateur verrouillé peut-il bloquer ChatGPT sur le cellulaire d'une personne étudiante ?

Non. Un logiciel installé sur l'ordinateur d'examen ne contrôle que cet ordinateur ; il ne peut pas bloquer un cellulaire ou une tablette posé sur le bureau. Ce qui couvre un deuxième appareil : une caméra qui enregistre la personne étudiante, une personne surveillante en direct ou une analyse de l'enregistrement après coup, et des questions qui se prêtent mal à une photo, comme des cas appliqués ou un court échange oral.

Les détecteurs d'IA sont-ils assez fiables pour prouver qu'une personne étudiante a utilisé ChatGPT ?

Pas à eux seuls. Les détecteurs de texte généré par l'IA estiment une probabilité au lieu de montrer ce qui s'est passé, produisent des faux positifs sur du travail honnête et se laissent déjouer par une légère reformulation. Un score n'est pas une preuve que la personne étudiante peut examiner et contester. Mieux vaut fonder la décision sur des événements horodatés et des enregistrements analysés par une personne, selon la politique de l'établissement.

Un enseignant peut-il permettre un outil d'IA dans un examen et le bloquer dans un autre ?

Oui, à condition de fixer les règles examen par examen : nommer l'outil permis dans les consignes, configurer cet outil seulement, garder bloqués tous les autres sites, applications et extensions, et prévenir les personnes étudiantes avant l'examen. Dans Examo, le blocage se règle par examen ou par profil de sécurité ; un outil d'IA précis peut donc être permis seulement quand l'examen l'autorise.

Examo utilise-t-il l'IA pour détecter la tricherie ?

Non. Examo ne comporte aucune fonctionnalité fondée sur l'IA : ni reconnaissance faciale, ni analyse automatisée du comportement, ni donnée biométrique, ni score de suspicion. Il bloque et détecte selon les règles de chaque examen, horodate chaque détection sur la ligne du temps des événements et la soumet à une analyse humaine. Les enregistrements et les journaux ne servent jamais à entraîner des modèles d'IA.

Bloquer les outils d'IA bloque-t-il aussi les technologies d'assistance ?

Cela ne devrait pas, et avec Examo, ce n'est pas le cas. Les technologies d'assistance autorisées pour une personne étudiante, comme un lecteur d'écran, la synthèse vocale ou un logiciel d'aide à la rédaction, ne sont pas bloquées par le verrouillage. Elles sont définies comme mesures d'accommodement individuelles, avec l'ajout de temps, les pauses et les conditions particulières ; la règle sur l'IA du groupe ne retire donc pas un outil auquel la personne a droit.